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Récital mis en scène par Elsa Rooke
GERARD DE NERVAL OU LE FILS DES CHIMERES
Textes de Gérard de Nerval et traductions de Gérard de Nerval
d'après Goethe, Schiller, Heine, Bürger
Musiques de Schubert, Schumann, Beethoven, Bach, Liszt, Berlioz, Auric.
De son propre aveu, l'Allemagne était pour Gérard de Nerval une seconde patrie. Il y séjourna longuement quatre fois et Vienne fut l'étape de départ de son grand voyage en orient.
Ne maîtrisant, à ses propres dires, que bien peu la langue allemande qui lui avait été enseignée par son père, c'est avec l'inspiration que lui offre sa grande intuition qu'il se lance dans la
traduction du colossal « Faust » de Goethe, ainsi que de dizaines de poètes allemands dont Schiller, Klopstock, Bürger, Heine, Richter, Uhland...
Mais bien plus que de traductions, il s'agit dans le cas de Gérard de Nerval d'une véritable réécriture de l'imaginaire poétique allemand qui fait partie intégrante de son œuvre au même titre que
« Les Chimères » ou « Les fille du Feu », et qui feront d'ailleurs l'objet de constantes reprises, de remaniements des formes, passant des vers à la prose, développant à
l'infini certain thèmes qui deviendront récurrents. La poésie allemande comme matière essentielle à sa propre créativité. En ce sens les infidélités et les approximations linguistiques de Gérard
de Nerval ne parviennent pas à ternir la beauté de ces textes sans doute parce qu'il les rêve plus qu'il ne les traduit.
Après Madame De Staël qui a exalté l'Allemagne, terre d'origine du romantisme, Gérard de Nerval réinvente et réinscrit dans l'histoire de la littérature française ce monde inquiétant et sombre
qui met en scène esprits féroces, démons, rois valeureux, jeunes filles enfermées dans des tours inaccessibles, fées et magie noire, dans ce moyen-âge exploré déjà par Victor Hugo et qui fascine
tant le XIXème siècle.
Nerval grand voyageur a entrepris ce voyage mental empli d'échos de sa vie personnelle (cette Allemagne traversée par son père lors des campagnes de Russie, cette Silésie où sa mère repose). Un
voyage qui peut-être l'éloigne parfois de lui même, le dédouble, mais qui lui permet de créer une contrée poétique personnelle qu'il ne cessera d'explorer dans toute son œuvre.
Il écrit des lettres poignantes à son père au moment où, à la fin prématurée de sa vie il retravaille à « Lénore », dans lesquelles il parle du Rhin, fleuve des ondines, et de ce pont
qu'il emprunter comme pour passer l'Achéron. Le fleuve, frontière majestueuse et effrayante entre son rêve et la réalité d'un pays étranger. Frontière entre la réalité et ses autres rêves :
ceux d'orient, de Grèce, d'Italie, d'amour et de soleil. Le fleuve comme une fracture fascinante et douloureuse.
Soyons sincères et disons tout de suite qu'il ne s'agit pas de raconter une histoire, surtout pas celle de Gérard de Nerval qui est pourtant au centre de ce récital. Il s'agit tout d'abord de
faire un spectacle, c'est à dire d'incarner. Incarner des mots. Des mots qui touchent par la fulgurance du désespoir qui les a fait naître, par les peurs universelles qu'ils disent, par l'amour
qui respire, transpire au cœur de ces vers, par le désir d'apaisement qu'ils appellent de toute leur force.
Un désir de rendre au « ténébreux, veuf, inconsolé » hanté par l'ombre du Roi des Aulnes, ce soleil d'Italie, cette clarté douce et chaleureuse dont il rêve parfois lorsqu'il n'est pas
tourmenté par les démons de pierre et de sang des sombres forêts du nord. Lorsqu'il quitte les rois buvant dans les coupes d'or ciselées d'un Graal effrayant pour retrouver Dafné au pied du
sycomore ou du laurier blanc, ou sous l'arc doré de Constantin.
Gérard de Nerval est ici le témoin d'une époque fascinée par tous les voyages, y compris ceux de la folie. Il est la frontière de mondes parallèles, ésotériques, le monde de Faust et de son moyen
âge sombre et luxuriant, et de celui de l'amour dont il rêve et qu'il exprime avec une liberté toute nouvelle, annonciatrice du regard analytique qui se portera bientôt sur les complexités du
fonctionnement de l'esprit, de l'identité.
Il s'agit d'un temps d'après la souffrance, un temps de lumière et de paix où les tourments d'autrefois deviennent tendres comme des souvenirs.
Costumes de coton clair, chaude clarté, fin de voyage, réconciliation.
GENERIQUE TEXTES ET MUSIQUES
Gérard de Nerval- Le Destin
J.S. Bach - Prélude en do mineur
Goethe - La Barde
Schumann - Der Harfenspieler
Goethe - Le Roi des Aulnes
Schubert - Erlkönig
Liszt - Mélodrame
Berlioz - La Damnation de Faust "Une amoureuse flamme"
Goethe - Faust
Beethoven - Aus Goesthe's Faust
Gounod - Faust sérénade de Méphisto
Berlioz - La Damnation de Faust
Introduction de "D'amour l'ardente flamme"
Heine - Intermezzo
Schumann - Introduction arrangé de
Ich Grolle Nicht
Heine - Intermezzo
Schumann - Ich Grolle Nicht
De Nerval - Delfica
Auric - Chanson Gothique
Auric - Avril
De Nerval - A un Ami
Dossier de diffusion et DVD disponible sur simple demande.
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GERARD DE NERVAL
Restant à votre écoute
Jérôme SONIGO